Nouveau Centre Administratif d’État de Lyon

Un cœur végétal au cœur d’un quartier dense

 

Le projet pour le nouveau Centre Administratif d’État de Lyon s’inscrit dans le quartier urbain de la Part-Dieu à Lyon en France. La Part-Dieu, ce n'est rien de moins que le deuxième quartier d'affaires en France, après La Défense. Un quartier particulièrement dense, représentant 60.000 emplois, 2.500 établissements avec des commerces, des bureaux, une gare.

Aujourd'hui, ce quartier de Lyon fait l'objet d'un vaste plan de rénovation qui comprend le réaménagement des espaces publics et la création de nouveaux bâtiments publics, de logements et de bureaux. Les bâtiments existants, anciens et obsolètes, seront démolis afin de libérer de l'espace pour des aménagements urbains tels que le nouveau Centre Administratif d’Etat (CAE).

 

Photo Nicolas Fussler

 

Une situation singulière

Ce quartier urbain créé dans les années 70 présente une identité forte et un développement constant depuis sa création. Il est marqué par la présence d’un certain nombre de bâtiments iconiques, aux formes simples et dans un style architectural caractéristique de l’époque, constituant une part significative du patrimoine urbain et architectural de Lyon.
Déjà très urbanisé, le foncier y est rare. La Cité Administrative d'État a été construite sur le dernier terrain vague du quartier. Une dent creuse à la taille réduite, sur laquelle se dressent huit platanes centenaires, vestige de l'histoire lyonnaise du siècle passé et de l'ancienne caserne qui occupait auparavant les lieux.

Le projet, à la volumétrie simple et épurée représentative de l’architecture de la Part-Dieu, s’articulent autour d’une poche paysagère constituée par les deux rangées de platanes conservés. Ce cœur tissera des connexions paysagères au niveau du sol aujourd’hui inexistantes. Le bâtiment viendra prendre place en U autour de ce cœur végétal favorisant la fragmentation des 19 000m² de bureaux en plusieurs volumes. Cette fragmentation en plusieurs volumes permet ainsi de réduire l’impact visuel du bâtiment, de multiplier le linéaire de façade pour bénéficier d’un maximum de lumière naturelle et de favoriser la création d’espaces extérieurs (terrasses, jardins) apportant des respirations dans un environnement très minéral.

 

 

Volumétrie et organisation des espaces en strates

Un socle actif et vivant s’implante sur les emprises disponibles visant à animer l’espace public de part et d’autre de la parcelle.
En contact direct avec le paysage du cœur végétal, ce socle qui accueille les fonctions publiques et communes du bâtiment, s’ouvre généreusement au Nord sur le futur parc urbain qui pourra devenir, à terme, l’entrée principale du personnel.
Au Sud, c’est une nouvelle dynamique qui s’offre au quartier avec le développement d’une façade vivante et animée.

Le bâtiment est composé de trois ailes, deux ailes se développant sur six niveaux autour du cœur végétal et reliées entre elles sur cinq niveaux par la passerelle, et d’une troisième aile se développant sur cinq niveaux. ​
Le projet est basé sur un compartimentage programmatique rigoureux permettant de regrouper les espaces d’accueil du public au rez‐de‐chaussée et d’installer en étages les fonctions uniquement accessibles par les agents du CAE, et les personnes invitées.

Photo Nicolas Fussler

 

 

Deux ailes de bureaux

Sur ce socle actif, prennent place deux ailes de bureaux de 5 étages, de part et d’autre du cœur végétal. Cette implantation permet à la grande majorité des espaces de travail d’avoir une vue sur le jardin et les arbres et d’être préservée des vis‐à‐vis. Le cœur végétal jouant un rôle de filtre, il permet d’intimiser ces espaces de travail et de les séparer des espaces dédiés au public. ​
Il présente également un intérêt climatique et énergétique indéniable, les platanes projetant de l’ombre en été sur les façades exposées au sud, tout en assurant des apports solaires et lumineux généreux en hiver. La densité de végétation permet également de limiter l’effet d’îlot de chaleur.

La passerelle

Ces deux entités sont reliées le long de la façade aveugle du centre commercial par un volume de passerelles intérieures qui permet de refermer la forme englobante du bâti autour du jardin central. Cette passerelle offre des espaces de convivialité qualitatifs, intimisés et prolongés par des balcons extérieurs. Elle présente également un intérêt en termes de flexibilité d’aménagement, de circulation, de fonctionnement et de découpage programmatique dans le temps pour l’ensemble du projet.
Sa position en retrait par rapport au centre commercial de la Part-Dieu permet également de créer une grande terrasse côté Sud du socle actif.

Photo Nicolas Fussler

Une troisième aile de bureaux

Pour compléter l’insertion urbaine du projet, une troisième aile est créée au Sud. Cette aile à quatre étages de bureaux, construite volontairement plus bas pour limiter les hauteurs de vis‐à‐vis avec la future tour de logements à l’ouest, présente la même largeur que les deux autres ailes, assurant ainsi la fonctionnalité et la flexibilité de l’ensemble des plateaux de bureaux dont l’agencement est ainsi systématisé sur l’ensemble des bâtiments de la CAE.

Un site contraintDes solutions techniques appropriées

La taille réduite de la parcelle avec ces arbres centenaires et les nombreux autres chantiers en cours à proximité immédiate, ont contraint les possibilités de stockage sur site durant le chantier.
De même le manque de place et les difficultés de trafic aux abords du site, ont nécessité une importante logistique qui a représenté un enjeu majeur de ce projet, plus que sur d'autres.
La localisation et la taille de la parcelle ont aussi justifié un choix constructif essentiel dans le projet : la mise en place de nombreux éléments préfabriqués. ​

 

Une façade cinétique

Le concept de façade s’inspire très directement de l’architecture de la Part‐Dieu et son système de façades répétitif, articulant un même module sur l’ensemble du volume, avec une même palette de matériaux.
L’utilisation d’un système modulaire de façade pour ce projet présente de nombreux avantages (répétition, tramage, préfabrication, assemblage, économie de moyen)‐ tout en réinterprétant le vocabulaire des constructions iconiques de l’architecture du quartier.
L’architecture du quartier de la Part‐Dieu est également marquée par sa palette colorimétrique faite de tons neutres allant du gris à des tons sable plus saturés ou plus sombres. Cette expression colorimétrique discrète et adaptée au contexte a également guidé notre réflexion autour d’une réinterprétation et d’une intégration nécessaire du bâtiment à son environnement urbain. Les modules géométriques sont ensuite répartis en différentes catégories selon des critères propres aux façades : exposition au soleil ‐ limiter les surfaces vitrées exposées pouvant entraîner une surchauffe en été, les besoins en lumière naturelle ‐ agrandir les surfaces vitrées pour assurer un apport suffisant en lumière naturelle dans les zones qui en ont besoin, et les contraintes sécuritaires ‐ largeur de passage nécessaire pour l’intervention des secours.

On distingue ainsi deux types de façades basés sur ce principe de modularité.

 

 

Les façades en périphérie extérieure du projet

Ces façades, plus fortement exposées aux éléments naturels, se composent ainsi de quatre modules différents. Ces modules sont basés sur une même grille extérieure, au sein de laquelle un montant oblique coloré voit son angle varier d’un module à l’autre. La largeur de vitrage s’ajuste en fonction des besoins d’exposition solaire, d’apport lumineux et de largeur de passage.
L’agencement de quatre modules identiques sur l’ensemble des trames de la façade permet de rester sur un système constructif souple et rapide. L’ingéniosité de la conception de ces façades permet la préfabrication en atelier de blocs de façade modulaire entiers et participe pleinement à la performance environnementale de notre projet.

Les façades autour du cœur végétal

Le même principe de modularité est appliqué pour les façades donnant sur le cœur végétal. Les façades Nord et Sud, moins exposées grâce à la présence de la végétation, se composent de modules dont les éléments de modénature verticaux et horizontaux se réduisent progressivement pour devenir lisses tout au long du déploiement des façades vers l’Ouest. La façade du bâtiment passerelle, installée au fond du cœur végétal est quant à elle dépourvue de toutes modénatures en relief.

 

Une oasis urbaine

Le concept du cœur végétal autour des platanes est complété par la création d’espaces extérieurs en terrasses et toitures, végétalisés et accessibles à toutes et tous. Véritables jardins suspendus, ces espaces s’inscrivent dans la continuité de l’extension de la place et composent un ensemble végétalisé d’une superficie totale de 1 300m2 qui s’ajoute aux 1 800m² du cœur végétal. L’ensemble de ces espaces contribue à la fois au développement de la biodiversité et à la création d’un îlot de fraicheur en zone urbaine dense.


Au sud, une première vaste terrasse est installée sur la toiture du socle actif. Bénéficiant d’une belle orientation, cet espace extérieur de 600m2 est accessible (en R+1) par l’ensemble des utilisateurs de la CAE. La toiture de la Passerelle est également équipée d’une longue terrasse accessible de 350m² reliant par l’extérieur les deux ailes en R+5. Les loggias de la Passerelle apporteront également un élément de verdure sur les façades du bâtiment Passerelle. Enfin, côté rue du Docteur Bouchut, le dernier étage disposera de sa terrasse accessible, orientée au sud, de 180m² à la fois discrète et remarquable. S’inscrivant dans l’emprise de la volumétrie générale du bâtiment cette terrasse apparait comme une pièce extérieure accessible par les utilisateurs du bâtiment.
Enfin, les fonctions d’accueil du public, d’espaces de formation, de réunions, de restauration et de travail sont regroupées autour du cœur végétal offrant à tous les fonctionnaires et administrés, une véritable oasis urbaine où la nature et la lumière naturelle sont omniprésents.

 

Photo Nicolas Fussler

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Nom du projet : Nouveau Centre Administratif d'État de Lyon

Calendrier : 2021-2024

Discipline : Architecture, Intérieur

Typologie : Espaces de travail

Statut : Livré

Emplacement : Lyon, 15 rue du Docteur Bouchut, France

Maître d'ouvrage : Direction Départementale des Territoires du Rhône

Taille : 19132 m2

Collaborateurs :

Entreprise générale - Mandatée par : Eiffage Construction Rhône Loire

Architectes : Snøhetta Studio Paris - Z Architecture

Maîtrise d'oeuvre et signalétique : Saguez & Partners

Paysagiste : Big Bang

Ingénierie environnementale : Inddigo

Ingénierie technique générale : WSP

Conception acoustique : Peutz & Associés

Conception de la restauration : Arwytec

Économie de la construction : Indico

Opérateur de maintenance : Clevia Eiffage Énergie Systèmes Maintenance

Réalisation hors site de panneaux de façade sur ossature bois : TECHNIWOOD

Certifications :

Objectifs de haute qualité environnementale et de performance énergétique :

- Label HQE Bâtiment Durable 2016, niveau excellent

- Niveau E3 C1 du label E+ C- « Energie-Carbone

- Label biosourcé niveau 2

Objectifs forts de qualité de vie au travail avec le label « Prêt à osmozer ».

 

 

Camille Henry

Communication Manager, Snøhetta Paris

 

 

 

 

 

 

 

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À propos de Snøhetta

Depuis près de 40 ans, Snøhetta conçoit certains des projets publics et culturels les plus emblématiques au monde. Le bureau a véritablement lancé sa carrière en 1989 avec son projet lauréat pour la nouvelle Bibliothèque d’Alexandrie, en Égypte. Ont ensuite suivi, entre autres, l’Opéra national et ballet de Norvège à Oslo ainsi que le pavillon du musée mémorial national du 11 septembre au World Trade Center à New York.

Depuis sa création, l’agence a conservé son approche transdisciplinaire originelle et intègre fréquemment, au sein de ses projets, une combinaison d’architecture, d’architecture du paysage, d’architecture intérieure, de design de produit et d’art. La nature collaborative entre les différentes disciplines de Snøhetta constitue un moteur essentiel de sa pratique.
Aujourd’hui, Snøhetta bénéficie d’une présence mondiale, avec des studios répartis sur sept sites : Oslo, Paris, Innsbruck, New York, Hong Kong, Shenzhen et Melbourne.

Snøhetta travaille actuellement sur un large éventail de projets internationaux, parmi lesquels le Grand Opéra de Shanghai, la bibliothèque présidentielle Theodore Roosevelt dans le Dakota, le réaménagement de Harbourside à Sydney et La Croisette à Cannes, pour n’en citer que quelques-uns.

Parmi les réalisations récentes figurent Vertikal Nydalen à Oslo, la Bibliothèque de Pékin, la rénovation du Musée national de la Marine à Paris, Orionis — le planétarium et observatoire de Douai, Airside à Hong Kong, le Centre maritime d’Esbjerg au Danemark, 550 Madison Garden et sa revitalisation à New York, ainsi que les luminaires Volum pour Lodes.

Parmi les projets antérieurs de Snøhetta, on compte l’extension du musée d’art d’Ordrupgaard au Danemark, le centre de formation exécutive et l’hôtel de l’Université Cornell à New York, le siège du Groupe Le Monde à Paris — incluant la signalétique et le wayfinding —, le premier restaurant sous-marin d’Europe (Under), la reconfiguration de l’espace public de Times Square, l’extension du San Francisco Museum of Modern Art, Lascaux IV — Centre international de l’art pariétal, Powerhouse Brattørkaia, ainsi que le design des nouveaux billets de banque norvégiens.

La méthode de travail de Snøhetta explore simultanément l’artisanat traditionnel et les technologies numériques de pointe. Au cœur de l’ensemble de ses projets se trouve un engagement fort en faveur de la durabilité sociale et environnementale, façonnant l’environnement bâti et le design au service de l’humanisme. Chaque projet est conçu autour de concepts forts et porteurs de sens — des concepts capables de traduire l’éthique de ses usagers et de leur contexte.

Parmi de nombreuses distinctions, Snøhetta a reçu le Prix de l’Union européenne pour l’architecture contemporaine – Prix Mies van der Rohe pour l’Opéra national et ballet de Norvège, ainsi que le Prix Aga Khan d’architecture pour la Bibliotheca Alexandrina. En 2016, Snøhetta a été désigné Architecture Innovator of the Year par le Wall Street Journal Magazine, et l’agence a été nommée deux années consécutives parmi les entreprises les plus innovantes au monde par Fast Company. En 2020, Snøhetta a reçu le National Design Award for Architecture décerné par le Cooper Hewitt, Smithsonian Design Museum. En 2021 et 2022, les carreaux Forite de Snøhetta ont remporté les prix Sustainable Design of the Year (Dezeen) et Best Domestic Design (Wallpaper*), tandis que le système de signalétique du siège du Groupe Le Monde a été distingué par les Monocle Design Awards. En 2023, Snøhetta a reçu plusieurs récompenses pour le Centre maritime d’Esbjerg et a été nommé Architects of the Year aux Monocle Design Awards. En 2024, de nombreux prix ont été attribués à la Bibliothèque de Pékin, ainsi que le BIA 2024 Award à Snøhetta, et en 2025, l’agence a été distinguée par le OPAL Special Award for Sustainability, entre autres.

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